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En poussant un fauteuil de malade à Lourdes...

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Dans notre société, on ne présente plus que la beauté extérieure de l’individu. D’où culte de la jeunesse, du corps fusée, de l’esthétique parfaite, de la star.          

Mais les malades nous apportent la beauté intérieure avec un esprit plein de sagesse, une intelligence du mystère de la vie, un cœur tourné vers le mystère de l’au-delà.

Or chacun de nous est appelé à devenir un « malade ».

Ce n’est pas une décadence physique, mais une ascension spirituelle car :

- Pourquoi avoir des jambes pour courir alors que Jésus est là près de nous ?

- Pourquoi voir toutes les couleurs, alors que Jésus est en nous la Lumière ?

- Pourquoi entendre l’inutile alors que Dieu parle en nous dans le silence ?

Les malades sont dans la nuit, le silence et l’immobilité, mais vers la rencontre de Dieu.

La vieillesse, la maladie ne sont plus une adversité, mais une désincarnation en fin de vie, avant la Pâque céleste. 

La maladie est une participation à la Passion du Christ. Avant, non pas la mort, mais la résurrection avec le Christ à la vie éternelle, à la contemplation éternelle de la lumière de  Dieu.

Ainsi, le médecin, comme la famille et les amis, ne sont que des accompagnants vers le mystère de la résurrection dans une immense espérance  promise par le Christ.

Ce n’est pas nous, bien portants, qui poussons leurs fauteuils, mais eux, malades sur leurs fauteuils, qui nous tirent vers Dieu sur le chemin de la Vierge Marie.

Les malades sont devant nous, premiers de cordée, vers la contemplation de la lumière éternelle. Ils sont « Christ ». Suivre les malades, c’est suivre le « Saint Sacrement ».

Notre Pape Jean-Paul II a vécu sa maladie comme un cheminement vers Dieu. Et devenait dans sa vieillesse : si beau dans son expression, si aimant dans son regard, si convaincant dans sa parole, qu’en lui s’est créé un lien entre la beauté de la jeunesse et la beauté de la vieillesse (ou du vieillard), dans un élan d’amour trinitaire.

 

Raymond (Médecin-Chef de Pèlerinage de 1992 à 2017)

 

Témoignage paru dans notre bulletin Notre Dame de la Voie n°131 d'octobre 2005