À défaut de vous avoir vus lors de notre Assemblée générale, je suis heureux de vous saluer à travers ces quelques lignes, en vous souhaitant, malgré les contrariétés imposées par la vie, que la paix règne au plus profond de votre être.
Les quais de Lourdes sont souvent baignés de joie. Dans la gare de l'Église, la vie palpite là où l’on s’active pour mettre en oeuvre l’entraide fraternelle. Sans cesse, des trains s’y mettent en marche à destination des détresses cachées de notre région, des personnes durement éprouvées ou laissées pour compte, mais aussi à destination du vaste monde secoué par d’innombrables détresses… Il y a des trains pour personnes dépendantes, pour gens suicidaires, pour parents isolés ou familles en grande difficulté, pour personnes âgées abandonnées, pour toxicomanes ou alcooliques. La générosité des gens est intacte. Elle donne vie à leur disponibilité. Certes, le réseau ecclésial d’entraide ne saurait couvrir tous les besoins.
L’important est qu’un esprit fraternel authentique préside à nos initiatives et que le coeur et le bon sens se conjuguent. La volonté des membres de l’Hospitalité Notre Dame de la Voie s’inscrit pleinement dans cette perspective. Elle est toujours le signe de ce monde nouveau voulu par le Christ et révélé par Notre Dame de Lourdes, qui suscite des mains tendues pour relever, accompagner et soutenir les blessés de la vie. Présents sur le quai de l’entraide, ils s’enquièrent spontanément des besoins de ceux qu'ils croisent : « Que puis-je faire pour vous ? »
L’avenir circule sur les voies ecclésiales. Les mains ouvertes et actives de l’entraide, et notamment les nouvelles hebdomadaires que notre présidente nous fait parvenir, sont pour beaucoup un réconfort. Lorsque je suis pris d’impatience dans l’express « Espérance » parce qu’il ralentit sur un chantier et prend du retard, je me réjouis de voir, sur une voie parallèle, un train de personnes en souffrance qui nous dépasse. En effet, l’amour agit plus vite que tous les débats qui secouent le monde… Dans la gare de l’éternité, le Seigneur du monde s’intéressera spécialement, selon ses propres paroles, à ceux des trains qui auront roulé sous le signe de l’amour du prochain, et cela en vertu de la sentence : « Ce que vous aurez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’aurez fait ».
En me remémorant le dévouement et l’engagement des membres de l’Hospitalité lors du dernier pèlerinage, j’ai le sentiment que les rails de l’entraide sont le gage d’un pèlerinage heureux. C’est ainsi qu’il s’inscrit dans la volonté du pape François et que cette Année Sainte, placée sous le thème « Pèlerins d’espérance », ranime également notre sens de la solidarité : « Des signes d’espérance devront être offerts aux malades, qu’ils soient à la maison ou à l’hôpital. Leurs souffrances doivent pouvoir trouver un soulagement dans la proximité des personnes qui leur rendent visite et dans l’affection qu’ils reçoivent. Les oeuvres de miséricorde sont aussi des oeuvres d’espérance qui réveillent la gratitude dans les coeurs. Et que la gratitude atteigne tous les professionnels de la santé qui, souvent dans des conditions difficiles, exercent leur mission avec un soin attentif envers les personnes malades et les plus fragiles.
Qu’il y ait une attention inclusive envers ceux qui, dans des conditions de vie particulièrement pénibles, font l’expérience de leur faiblesse, en particulier s’ils souffrent de pathologies ou de handicaps limitant grandement leur autonomie personnelle. Le soin qu’ils reçoivent est un hymne à la dignité humaine, un chant d’espérance qui appelle l’action harmonieuse de toute la société. » (Spes non confundit)
Nul doute que notre pape François vivra avec nous, par la grâce de la communion des saints, notre pèlerinage à Lourdes. Dans la maison du Père, il affichera un sourire satisfait, car ses souhaits exprimés dans la bulle d’indiction se réaliseront. La proximité avec tous ceux que nous rencontrerons à Lourdes remplira leur présent d’une attention particulière. À travers elle, « puisse notre vie leur dire : « Espère le Seigneur, sois fort et prends courage ; espère le Seigneur » (Ps 27, 14). Puisse la force de l’espérance remplir notre présent, dans l’attente confiante du retour du Seigneur Jésus-Christ, à qui reviennent la louange et la gloire, maintenant et pour les siècles à venir. » (Spes non confundit)
Patrick Koehler, aumônier
(article paru dans Notre Dame de la Voie n° 192 de mai 2025)